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 Mon corps et sa mise en scène par le tatouage

13/4/2010

Mon corps et sa mise en scène par le tatouage

 
Mon corps et sa mise en scène par le tatouage

Mon corps et sa mise en scène par le tatouage

Le social nous marque dès l’enfance. Le corps est la première forme d’expression physique de nos pensées et de notre personnalité. Nous nous mettons en scène dans l’affichage exacerbé de notre présence ou en nous camouflant.

Selon Didier Anzieu « Il y a dans l’acte de se tatouer la nécessité de venir matérialiser la barrière symbolique que joue la peau. Par cette “prothèse cutanée” le tatoué tente de réparer un “moi-peau” raté ou défaillant. » (Le Moi-peau )  Tout se passe comme si l’individu se sentait à l’étroit dans son image originelle et ressentait le besoin d’élargir cette image.

Le tatouage, une tendance contemporaine

Se faire tatouer n’est pas juste une mode, cette tendance va au-delà. La mode s’alimente de la nouveauté, de l’éphémère et du renouvellement. Dans cette logique, le tatouage, dessin indélébile, s’apparente plus à un mode de communication, une démarche individuelle, une liberté, dictée par différentes motivations. Le marquage corporel peut révéler bien des choses sur celui qui l’a choisi et trouve son essence dans le rapport que l’individu a de lui-même, avec les autres et face à la société.

Une bipolarisation de notre personnalité

Alors que nous passons de plus en plus de temps à nous occuper de notre corps pour répondre à des idéaux, la conformité ne semble plus être au goût de tous. La marque démarque.

« La marque corporelle affiche l’appartenance à soi. Elle traduit la nécessité de compléter personnellement un corps insuffisant à lui-même à incarner l’identité personnelle » selon David Le Breton (Signes d’identité : Tatouages, piercing et autres marques corporelles). Le corps devient alors ce que nous sommes, le reflet de notre identité. Il n’est plus produit de la nature mais de la culture.

Mais notre corps est également l’interface entre nous et les autres. Il nous pose dans la société par rapport au reste des individus. En marquant son corps, le tatoué marque son unicité mais également son appartenance, il appartient alors à une communauté référente ou plus globalement à la communauté des tatoués ; “les marques corporelles sont un mime de dissidence, une manière de jouer à l’écart tout en participant au fonctionnement social” précise David Le Breton.

Un langage du corps semblant donner à voir ce qui ne peut être dit

En psychologie, le tatouage serait « le propre d’une personnalité troublée qui s’exprime peu ou mal verbalement et invente donc un autre mode de communication ».

De manière certaine, le tatouage est un moyen de communication non verbale qui a son langage, ses signes, ses codes… Ceux-ci comportent à la fois du sens mais font également référence a des valeurs.

Plus significatif et impliquant qu’un badge ou un vêtement, le tatouage délivre un message. Plus ou moins direct, c’est un message personnel ou au monde, qu’il soit revendicateur, provocateur, sentimental, érotique ou simplement décoratif.

Tatouage : le storytelling de sa vie

Tatouage, le storytelling de sa vie

Le storytelling de sa vie

Certains s’offrent un cahier, rédigent des blogs et d’autres se tatouent. Toutes ces personnes sont guidées par les mêmes motivations : s’exprimer avant tout, se démarquer mais surtout avoir prise sur leur histoire, sur ce qu’ils sont, ce qu’ils aiment…

Ainsi, pour les marins, le tatouage représente un carnet de bord dévoilant les moments forts de l’existence. L’individu ressent le besoin de marquer les étapes de sa vie comme si les choses ou évènements lui échappaient, comme si il était difficile de retenir ces moments autrement que par l’illusion. Le tatouage permet d’arrêter le temps, de fixer un affect, il a une fonction de mémoire cutanée. Le marquage ainsi que le corps, a alors un gout d’éternité.

Une image de soi qui montre pour cacher

« L’homme affiche une double tendance, il se constitue en tant qu’image et constitue une image de lui-même » (France Borel, Le vêtement incarné : Les métamorphoses du corps).

Tel un bijou ou du maquillage, le tatouage est un ornement. L’ornementation a pour fonction de cacher mais surtout de magnifier. Le tatouage répond à cet objectif, il attire le regard pour mieux le détourner. Tout d’abord en détournant d’un défaut ressenti (par exemple, en se faisant tatouer la poitrine, le regard extérieur va plus s’attarder sur le tatouage « décoratif » que sur la poitrine en elle-même). Ensuite, mais de manière plus profonde, la marque corporelle va cacher le corps et le fond, permettant d’avoir une sorte d’armure protectrice.

Le tatouage se situe à la frontière de la pudeur et de l’exhibitionnisme, de l’intérieur et de l’extérieur, de l’intime et du public. Il n’est qu’une des diverses modifications corporelles que nous avons à notre disposition.

Le tatouage, tout comme le piercing, se démocratisent. Qu’en sera t-il des scarifications, implants, etc., dans quelques années ? N’oublions pas, la rareté appelle la réaction.

Auteur : Morgane Craye

Tags : corps tatouage
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